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Le Mouvement continué. Catalogue illustré de la collection
des appareils de la Cinémathèque française
Laurent Mannoni, Éditions Cinémathèque française-Mazzotta,
1996.
La collection d'appareils conservée par la Cinémathèque
française est l'une des plus riches et, incontestablement, la plus
ancienne. Elle a été constituée à partir des
années 1900 par un Anglais, Will Day, puis enrichie à partir
de 1960 par Henri Langlois et Lotte H. Eisner.
Ce catalogue, qui contient 1465 notices illustrées, recense les plus
belles pièces de cette collection. Ce ne sont pas seulement les appareils
qui sont décrits, mais aussi les précieuses images (vues d'optique,
lithographies polyoramiques, disques stroboscopiques, etc.) que l'on pouvait
admirer grâce à ces "machines intelligentes" nées
au cours des XVIIIe, XIXe et XXe siècles. Le catalogue présente
également la riche collection des caméras et projecteurs de
la Cinémathèque française: ce sont des pièces
historiques et fondamentales pour l'histoire de la technique, de l'industrie
et de l'art cinématographique.
On trouvera aussi dans cet ouvrage une multitude d'informations inédites
sur la période cruciale des années 1890-1900: la collection
contient en effet des appareils qui n'avaient jamais été étudiés
jusqu'à présent par les chercheurs. C'est le cas par exemple
de l'une des machines de John Rudge et William Friese-Greene (le bio-phantoscope,
1890), des appareils d'Etienne-Jules Marey et Georges Demeny (les différentes
versions des caméras et des phonoscopes, 1890-1895), ou de la première
caméra de Georges Méliès (un projecteur Robert-William
Paul transformé en 1896).
Chaque notice est accompagnée d'une ou plusieurs photographies en
noir et blanc. A cela s'ajoutent 200 photographies supplémentaires
en couleurs. Chaque appareil est identifié et décrit de la
façon suivante: numéro d'inventaire; nom de l'appareil et
du modèle; l'auteur et son adresse; le distributeur et son adresse;
la date et le lieu de fabrication; les dimensions et les caractéristiques
de la pièce. Lorsque l'appareil a été breveté,
le numéro du brevet, sa date et son intitulé sont mentionnés.
L'étude des brevets d'invention, souvent négligée,
constitue la base principale de ce travail. Les brevets permettent en effet
de retrouver l'origine des appareils les plus difficiles à identifier.
Toutefois, lorsque les brevets n'existaient pas, il a été
nécessaire de recourir aux marques déposées, aux revues
corporatives, aux registres des sociétés, aux ouvrages techniques
publiés du XVIIIe au XXe siècles. Une bibliographie et deux
index complètent ce catalogue.
Grâce à cet ouvrage, on saisit enfin dans toute sa force le
vaste courant des recherches internationales entreprises depuis des siècles
- énorme désir exprimé de mille manières différentes
- pour déformer, animer, projeter, ce qu'un mathématicien
du XVIIe siècle nommait déjà le "mouvement continué".