Introduction by Robert Daudelin to the Symposium held on April 24 in Los Angeles on the theme "The first 100 years"
Personnellement, j'aurais volontiers ajouté un point d'interrogation à cet intitulé! En effet, malgré le métier que nous pratiquons, et qui est tout pétri d'histoire, je ne suis pas certain que, en tant que groupe constituant la FIAF, nous ayons été toujours très attentifs aux leçons que nous propose l'histoire de notre Fédération.
Bien sûr, nous avons retenu certaines choses...
- l'importance du réseau, par exemple, ce réseau d'informations et de complicités sans lequel nous ne pourrions monter des projets de restauration ou rassembler de grands cycles de projections;
- ou encore, que l'histoire du cinéma est toujours incomplète et que la prochaine édition de Pordenone ou de Cinema Ritrovato va nous obliger à des réajustements déchirants;
- ou enfin, pour l'avoir appris trop souvent à nos dépens, que rien n'est définitif en ce métier. Le si joliment nommé "vinegar syndrome" est le plus récent avatar de cette longue histoire. La pellicule "safety", solide comme le roc, fiable, et sur laquelle nous rêvions tous de transférer tous les nitrates du monde, a aussi sa faiblesse, un cancer redoutable. Et nous voilà revenus à la case départ des angoisses du conservateur.
Mais tout cela - et l'énumération pourrait se poursuivre pour un bon moment - tombe sous le sens. Ce sont là des évidences que nous admettons tous. Pourtant, il doit bien y avoir d'autres héritages à réinvestir en ce moment historique où - nous le sentons tous d'une manière ou d'une autre - la FIAF doit changer, ou réaffirmer son rôle et son importance; ce qui peut très bien être une autre façon de changer...
Donc, je recommence!
Je ne suis pas historien. Encore moins historien de la FIAF. Je crois, sans prétention, faire partie de ces "film maniacs" dont parlait l'an dernier Jerzy Toeplitz en évoquant l'histoire de la FIAF.
Les opinions que je peux avoir sur notre Fédération - son histoire, ses acquis, ses ratés - sont donc nécessairement subjectives, biaisées même. Je ne m'en excuse pas d'avance. Je veux juste vous prévenir!
La connaissance que j'ai de la FIAF, mes opinions sur notre Fédération, me viennent essentiellement de nos assemblées générales, de nos séminaires et de multiples réunions, pas toujours officielles, auxquelles j'ai participé depuis 1972.
Comme tous les archivistes de ma génération, venant à la FIAF j'étais déjà l'héritier d'une histoire: les grands débats fondateurs avaient déjà eu lieu, le temps des affrontements "sanglants" était, à toutes fins utiles, terminé. La FIAF avait une personnalité (des amis et des ennemis), et il y avait des pionniers à qui se référer (1972, c'est aussi l'année où Jerzy Toeplitz quitte la présidence de la FIAF pour aller oeuvrer en Australie: c'est là aussi une date dans l'histoire de notre Fédération).
Au long des 23 années au cours desquelles j'ai traversé les salles et les corridors de la FIAF, beaucoup de choses ont changé - pas nécessairement pour le mieux. Mais le monde aussi a beaucoup changé pendant cette brève période, le cinéma aussi - pas nécessairement pour le mieux non plus.
Les questions qui nous stimulent, nous inquiètent ou nous divisent aujourd'hui, sont moins spectaculaires que celles, par exemple qui, en des temps qui nous semblent bien lointains, provoquaient les duels Langlois-Lindgren. Et pourtant ces questions ne me semblent pas moins inquiétantes, fondamentales même: elles font moins d'éclat parce qu'elles sont peut-être plus profondes (les vagues de fond ne sont-elles pas les plus redoutables...).
La FIAF, telle que ceux de ma génération l'ont découverte, aimée et parfois détestée, n'existe plus depuis déjà un bon moment. La FIAF qu'il faut inventer, celle qui traduira nos enthousiasmes nouveaux, nos préoccupations nouvelles, n'existe pas encore.
L'année du Centenaire du spectacle cinématographique serait une bien belle occasion pour mettre au monde la nouvelle FIAF: audacieuse tout en restant fidèle à son héritage, ouverte tout en affirmant sa spécificité, efficace tout en faisant confiance à la passion des "maniaques" qu'elle rassemble.
L'histoire de la FIAF
L'histoire de la FIAF, qu'on m'a tout de même demandé d'évoquer pour vous, c'est l'histoire des hommes et des institutions qui l'ont créée en 1938. C'est aussi, et c'est toujours, l'histoire d'une idée: l'idée d'un art qui disparaissait aussi vite qu'il naissait, d'un art à qui on niait toute histoire, d'un art tout du présent (sans passé, sans référents, sans lettres de noblesse, sans classiques), un art de modes et de commerces multiples.
Cette idée unificatrice, celle de reconnaître à un art nouveau une "histoire", a permis la naissance de la FIAF. C'est une idée forte, de celles qui permettent périodiquement aux hommes de se rassembler, de redécouvrir la solidarité, de partager une même passion.
Cette idée, toute pétrie de passion, a sauvé des milliers de films. Elle a suscité des vocations de cinéastes. Et, ceci dit sans prétention, elle a changé le cinéma lui-même.
Mais loin de moi l'idée de proposer de nous asseoir sur nos lauriers. Les défis auxquels nous faisons face comme fédération, aussi bien que les questions qui se posent de plus en plus violemment à plusieurs des institutions que nous représentons ici, sont des questions trop graves pour les ignorer en évoquant le passé, aussi glorieux fût-il.
Si nous évoquons le passé, c'est pour aller y chercher quelques enseignements susceptibles de nous aider à faire des choix plus éclairés, plus courageux aussi.
Les questions brûlantes auxquelles la FIAF ne peut plus désormais échapper tournent autour des deux axes suivants:
- le mandat de la Fédération (sa mission culturelle);
- la composition de la Fédération (la géographie de son membrariat).
Si nous réussissons à formuler des propositions claires par rapport à ces deux questions, tous les fronts secondaires s'en trouveront éclairés et le cahier des charges dont nous avons tant besoin va se constituer logiquement et le comité directeur, comme les commission, vont pouvoir identifier des priorités et se doter d'échéanciers stimulants.
Le mandat de la FIAF - ce que j'insiste à appeler sa mission culturelle pour, d'entrée de jeu bien indiquer que c'est de culture dont il s'agit - est défini par l'article 1 de nos statuts.*
Ce texte, comme tous les textes du genre, a toutes les vertus qu'on veut bien lui attribuer: c'est l'interprétation qu'on en fait qui compte - comme dans le jazz!
Au cours des ans, l'article 1 a permis à la FIAF de fonctionner en souplesse, de s'adapter à la conjoncture souvent anarchique du cinéma.
Il nous a permis notamment de créer des commissions au service des grands buts qu'il identifie - notamment la commission de préservation, la première en date et celle qui, même dans son nouveau mandat élargi, traduit le plus directement notre préoccupation commune fondamentale: la préservation des films, oeuvres d'art et/ou documents historiques.
L'extension récente donnée au mandat de la commission de préservation indique bien, par ailleurs, que ce ne sont plus seulement les films que nous devons conserver, mais plus largement le spectacle cinématographique lui-même ou, encore mieux, comme on le dit en anglais "the film experience".
C'est cette mission culturelle qui déjà s'inscrivait dans l'intitulé de notre symposium de Lisbonne en 1989: To Preserve and to Show.
Plus qu'un titre provocateur, cette admonestation venait alors nous rappeler, si besoin était, que notre mandat consiste aussi, comme le précise depuis toujours le paragraphe e) de l'article 1 de nos statuts, à "promouvoir l'art et la culture cinématographiques et à encourager les recherches historiques sur tous les aspects du cinéma".
Mais plus que jamais, montrer les films dans une cinémathèque, devient un travail spécialisé, une activité à caractère muséal. L'enthousiasme délirant et la cinéphilie ne suffisent plus. La rencontre d'une mauvaise copie 16mm et d'un bon 35mm projeté à mauvaise vitesse ou avec une fenêtre qui ne lui convient pas, est une forme de négation de notre activité de sauvegarde du patrimoine cinématographique. Comme le proposait un jour notre collègue José Manuel Costa, le temps est peut-être venu de choisir la qualité, de s'imposer la rigueur, de ne montrer sur nos écrans que des copies parfaites, dans leur format d'origine et dans les meilleures conditions possibles (de confort, de silence, d'obscurité) - (les copies 16mm et les transferts vidéo restant évidemment disponibles) à fins d'étude.
L'amateur sérieux de cinéma devrait pouvoir aller à la cinémathèque avec la même confiance que l'amateur d'art qui va au musée, certain d'y voir l'original, bien présenté, dans un contexte qui en permette la découverte. (Et le logo de la FIAF à la porte d'une telle salle serait comme le sceau garantissant l'authenticité de la projection...).
Il ne faudrait surtout pas, en troquant les supports, en multipliant les transferts, risquer de perdre la mémoire si chèrement acquise.
La même inquiétude m'assaille parfois (peut-être par ignorance, ou par naïveté) au vu de la disparition des fichiers traditionnels de nos bibliothèques et de nos centres de documentation. Nous travaillons tous avec beaucoup de sérieux, je n'en doute pas, à de grands projets de saisie informatique, avec l'ambition de mettre à la disposition des chercheurs des outils plus "performants". Mais comment, avec les avantages évidents que nous apportent ces nouveaux outils, allons-nous garder vivante l'idée de recherche, l'idée et le plaisir de la découverte...?
Mais la question qui précède toutes ces questions et qui déjà y est contenue, celle qui nous angoisse et nous effraie, c'est: "Qu'allons-nous, que devons-nous conserver?"
Je ne parle évidemment pas de la sélection: Varda ou Lautner, Wellman ou Capra, etc.
Je parle, comme vous l'avez tout de suite deviné, de ce corpus multiple qu'on appelle tantôt "images en mouvement", tantôt l' "audiovisuel".
Certains d'entre nous ont déjà répondu: le Department of Film du Museum of Modern Art de New York est devenu le Department of Film and Video; le National Film Archive de Londres est devenu le National Film and Television Archive. (Dans ma propre cinémathèque, une institution beaucoup plus modeste que celles que je viens de nommer, la télévision fait désormais partie de nos programmes de conservation et nous aurons bientôt une salle de diffusion télévision).
Cet élargissement de la définition du film et les conséquences très réelles qu'elle aura sur notre travail quotidien, va-t-elle se faire malgré nous, presque à notre insu, ou encore pire, dans le cas des archives qui ont des liens étroits avec leur état, suite à une décision bureaucratique qui leur échappe???
L'art que nous avons pour mission de sauvegarder sera-t-il, à court terme, un art du passé? Et nos cinémathèques devront-elles se limiter à conserver son souvenir? (Le cinéaste Denys Arcand écrivait récemment: "Produit exemplaire de la révolution industrielle, cousin de la machine à coudre et du phonographe, le cinéma ne survivra probablement pas au siècle qui l'a vu se développer.
Sa progéniture électronique a déjà commencé son oeuvre parricide.") Ou devra-t-on assouplir notre mandat de manière à accueillir dans nos collections des objets hybrides qui n'appartiennent plus directement à l'histoire du cinéma même si leurs auteurs, à quelques années près, étaient de jeunes cinéastes prometteurs...?
Je ne prétends pas connaître la réponse à ces questions. Je suis certain cependant que ces réponses passent par une meilleure, plus profonde, compréhension de la mission culturelle des archives du films.
Le mandat de la FIAF est clair et suffisamment large pour permettre les adaptations - les restaurations! - nécessaires. Les cinémathèques, archives du film, sont en pleine mutation, nous en sommes tous conscients.
A la fin de leur stimulant dialogue du printemps dernier dans notre Journal of Film Preservation, Wolfgang Klaue et Jerzy Toeplitz se posaient aussi la question du mandat de notre Fédération. Je voudrais vous citer l'un de leurs échanges:
Klaue: "Should FIAF remain a federation of film archives, or should it consider development as an association of institutions collecting and preserving all forms of moving image and not only film?"
Toeplitz: "It should remain as it was. Here I would come back to my opening statement about the final goals of the Federation concerning its origins in film culture and the advancement of cinema as an art. If the Federation consists of institutions collecting all forms of the moving image, the focus becomes very technical, and immaterial. This will have a harmful effect on the Federation, it will intensify the negative tendencies I have cited earlier. Collecting and preserving as a final and only end is not enough."
Plus récemment, un sous-groupe de travail de notre comité directeur a repris cette interrogation fondamentale en suggérant notamment un retour aux sources et une interprétation dynamique, non passéiste, des principes qui ont inspiré nos statuts d'origine.
Qui compose la FIAF? Qui regroupe-t-elle? Qui fédère-t-elle? Quelles institutions peuvent prétendre à l'honneur d'y appartenir...?
Cette question, quelle que soit la forme qu'elle emprunte, est sur la table depuis longtemps. C'est un débat en bonne partie hérité de Jacques Ledoux et qui toujours demeure coloré par les partis-pris de notre regretté ami.
Périodiquement repris, confié à des sous-comités, ré-inscrit à l'ordre du jour du Comité directeur ou même de l'Assemblée générale, ce débat presque permanent sur la nature du membrariat de la FIAF a pris une tournure nouvelle en 1991, à Athènes, alors que l'Assemblée générale a décidé de modifier nos règlements intérieurs de façon à mieux accommoder les diverses catégories d'adhérents qui constituent désormais la clientèle de la Fédération.
Il est peut-être encore trop tôt pour juger définitivement de ce changement. Il faut néanmoins admettre que la pratique récente de ces nouvelles catégories demeure boiteuse. Quelle qu'ait été la générosité de nos intentions en créant ces catégories, le résultat n'est pas harmonieux: certaines archives choisissent le statut d'associé, alors qu'elles pourraient tout à fait réclamer de devenir membres; d'autres, inversement, se sentent dans un statut de citoyen de seconde classe parce qu'on ne leur reconnaît pas les qualités suffisantes pour devenir membre, etc.
Enfin, l'ouverture en direction d'institutions non strictement spécialisées dans la conservation, que devaient permettre ces nouvelles catégories, n'a produit que des résultats bien timides.
Et, ultime ironie, plusieurs membres très anciens de la FIAF, ont le sentiment que leurs privilèges - notamment au chapitre de l'échange de copies - se sont érodés à l'occasion de cet exercice de démocratisation.
Tout cela pour dire que le débat est encore ouvert, pertinent, et surtout urgent. La FIAF doit, à ce moment-ci de son histoire et de l'histoire du cinéma, affirmer clairement sa personnalité en admettant, au besoin, que certains de ses adhérents ont des privilèges et des droits auxquels les autres ne peuvent prétendre.
Cette réévaluation suppose simultanément, comme il a été dit, une réaffirmation du mandat de la FIAF qui reconnaisse et consolide le statut de ses membres "historiques" et, simultanément, propose une ouverture vis-à-vis d'autres institutions, de lieux et de types nouveaux.
La géographie de notre membrariat doit en effet être culturelle autant que territoriale. Il faut élargir le membrariat de la FIAF de manière à y associer, entre autres, et on l'a souvent dit, les musées du cinéma; mais aussi certaines collections privées, certains lieux d'études et de recherches, voire même certains individus (historiens, chercheurs, écrivains, professeurs) qui déjà, dans leur travail quotidien, ont des rapports intimes avec les archives du film.
Simultanément, il faut, de toute urgence - et, ce disant, je n'ignore pas les gestes que nous avons posés en ce sens dans le passé - faire du prosélytisme en direction des régions du monde encore sous-représentées parmi nous.
A deux reprises, notre collègue Ray Edmondson a récemment attiré mon attention sur cette disparité régionale qui parfois teinte notre travail et nos décisions, disparité qui s'explique bien entendu par l'histoire de la FIAF et plus largement par l'histoire du cinéma lui-même. Rien ne nous empêche de faire violence au cours de l'histoire... Mais je voudrais citer Ray Edmondson:
"Traditionnally, FIAF's centre of gravity has been in the northern hemisphere. That's where it began, that's where congresses are usually held and that's where most of its members are. Archives in the southern hemisphere - and I'm particularly aware of South America, Australia, South East Asia and Africa - participate often at a geographical disadvantage, and their individual growth stories reflect not only the 'tyranny of distance' but also the importance of the linkage with FIAF as a reference point".
Notre collègue australien est bien placé pour nous parler de cette question, d'autant plus que le mois prochain il va diriger un séminaire sur la gestion des archives du film dans les pays du Sud-Est asiatique. (voir compte-rendu en The ASEAN Connection) Or, de la vingtaine d'institutions qui seront représentées à ce séminaire, à peine un quart est représenté à la FIAF...
Cet équilibre territorial, nécessaire si nous voulons prétendre au qualificatif de "mondial", provoquera un agrandissement de la FIAF, un agrandissement qu'il faut planifier, comme il faut planifier l'élargissement du membrariat à des institutions autres que les archives du film classiques.
Cet agrandissement est-il souhaitable? Nécessaire? Inévitable? Est-il possible dans le respect du mandat d'origine de notre Fédération? Voici les vraies questions auxquelles nous faisons face aujourd'hui et auxquelles nous devons répondre avec audace... et célérité.
Cette réponse, ou ces réponses, passent notamment par la re-définition même de notre vocabulaire de base: conservation, restauration, collections, confidentialité, échange, etc... Entre autres choses, peut-être avons-nous besoin d'une déontologie...
Dans son ouvrage le plus récent, Milan Kundera, qui n'est jamais très tendre avec ses contemporains, écrit: "... notre époque est obsédée par le désir d'oubli et c'est afin de combler ce désir qu'elle s'adonne au démon de la vitesse".
Or, quel que soit le titre dont nous affuble l'institution où nous travaillons (conservateur, directeur, archiviste), nous sommes tous en cette salle des gens qui travaillons contre l'oubli. Et si nous devons faire vite pour justement endiguer l'oubli et stopper le vieillissement des films, nous sommes d'abord obsédés par l'idée qu'il faut ralentir, voir et revoir, laisser aux oeuvres le temps de vieillir. En d'autres mots, trouver la vitesse juste qui élimine le scintillement et permette l'harmonie du mouvement originellement... souhaité.
Learning from the History of FIAF
Robert Daudelin's introduction to the Symposium held in Los Angeles on "The First One Hundred Years" mentions his uncertainty that much has been learned by FIAF from its own history, but lists some of the lessons that seem to him to have been important: first, the great usefulness of exchanging information and films, without which many restoration projects would not have been possible, nor the organizing of the large series of screenings; second, that the history of cinema is always incomplete and the next program of Pordenone or Cinema Ritrovato will oblige us to readjust our views; and thirdly, that nothing is definitive about our work, as for example the longevity of acetate film that we had counted on for the transfer of our nitrate.
Daudelin recalls the history of FIAF since 1972, when he first participated in FIAF, in which many things changed and not always for the better. Remembering that the great debates of the founding members were by that time mostly resolved, he thinks that the ideas which concerned FIAF after that were less divisive and yet were perhaps even more profound.
The burning questions that FIAF still has to resolve, as Daudelin sees them, concern its cultural mission and the composition of the Federation. He refers to article 1 of the statutes, worded so as to permit the flexibility necessary for the often anarchic conditions of cinema. Daudelin wants to emphasize our new recognition of the need to preserve and present to the public the entire cinematic experience, which means we must pay more attention to quality of projection prints and to varied projection requirements and related matters in our archival screenings. The second question has to do with the broadening of our membership, along cultural and/or geographical lines, the disparity of membership in various regions of the world, etc. Daudelin asks us to consider whether this growth is desirable, necessary, inevitable, and in keeping with our original mandate.
Aprender de la historia de la FIAF
En su introducción al Simposio de Los Angeles sobre Los primeros cien años del cine Robert Daudelin menciona las enseñanzas que piensa haber retirado a partir de su propia historia en el seno de la FIAF, a saber: primeramente la gran utilidad del intercambio de informaciones y películas sin el que muchos proyectos de restauración y de programación no hubieran sido posibles; segundamente, que la historia del cine es siempre incompleta y que el próximo programa de Pordenone o de Cinema Ritrovato nos obligará a corregir nuestros puntos de vista; y terceramente que nada es definitivo en nuestro trabajo, como por ejemplo la longeividad del acetato sobre la que contábamos cuando transferimos nuestros nitratos.
Daudelin evoca la historia de la Federación a partir de 1972, año en que participó por primera vez en FIAF, y señala que muchas cosas han cambiado (aunque no siempre para bien). Recuerda también que, tras los grandes debates de los fundadores, la confrontación de ideas fué perdiendo en agudez pero ganando quizás en profundidad.
Los temas candentes que FIAF aún debe abordar atañen a su misión cultural y a la composición de la Federación. Daudelin cita el Artículo 1 de los estatutos para señalar que su formulación permite la flexibilidad que requiere el estado anárquico en que se encuentra cada día más el cine. Daudelin desea enfatizar la necesidad de preservar y transmitir al público toda la experiencia cinematográfica, lo que significa, según él, que debemos prestar mayor atención a la calidad de las copias de proyección, a las condiciones técnicas de exhibición en nuestras proyecciones de cinematecas, etc. La segunda cuestión tiene que ver con la ampliación del círculo de nuestros adherentes provenientes de medios culturales y geográficos muy diversos. Daudelin nos invita a reflexionar si este crecimiento es deseable, necesario, inevitable y compatible con nuestro mandato original.