L'hypergonar, à sa découverte en 1925, suscita à vrai dire peu d'intérêt mais, en 1953, l'inventeur méconnu ayant réussi à intéresser une puissante société américaine, la 20th Century Fox, et lui ayant cédé tous ses droits, c'est un tollé général qui accueillit la nouvelle: une telle invention aurait dû rester en France!
L'on peut, à juste titre, s'étonner de l'ampleur de telles manifestations et regretter la mauvaise foi de certains ou l'ignorance des autres qui, pour une bonne part, ont donné de ces événements une version bien éloignée de la réalité.
On appréciera donc la valeur du témoignage et les documents inédits que nous devons à Georges Bonnerot, ingénieur chimiste, ex-directeur de laboratoire cinématographique et d'une société de fabrication d'anamorphoseur. Ayant longtemps travaillé avec le professeur Henri Chrétien, d'abord à la Société du Film en Couleur Keller-Dorian, en 1925 et 1926, puis à la Société d'Optique et de Photographie, de 1928 à 1937, Georges Bonnerot est toujours resté en rapport avec Chrétien sur ces questions qui l'intéressaient au plus haut point.
Il avait par ailleurs eu l'occasion de le voir longuement au cours de l'été 1951 avant sa conférence au Congrès technique international de Turin et était au courant de ses projets. Dès l'annonce du contrat passé avec la 20th Century-Fox, c'est à dire à la mi-janvier 1953, il nota, presque jour par jour, le déroulement des événements. Il est donc en mesure de donner aujourd'hui d'utiles précisions.
Ayant en juillet 1926 quitté la Société Keller-Dorian, le professeur H. Chrétien pouvait tout à loisir se consacrer à de nouvelles recherches. Le Napoléon d'Abel Gance tourné à l'aide de trois caméras et projeté avec trois appareils, triplant ainsi en largeur les dimensions de l'écran, avait produit une profonde impression sur le professeur. Dès le 9 décembre 1926, il faisait déposer un premier brevet d'invention (BF n° 638 542) qui allait, vingt-sept ans plus tard, révolutionner l'industrie cinématographique et lui donner une dimension nouvelle et d'ailleurs, dans une note présentée par Louis Lumière à l'Académie des Sciences le 30 mai 1927, il tenait à préciser que "l'intérêt très vif que le public a manifesté récemment à la présentation de tels films panoramiques m'incite à indiquer une solution immédiatement utilisable et pratique".
Mais le problème était complexe et la difficulté majeure résidait dans l'obtention de lentilles cylindriques de qualité, ce qui n'existait pas encore. L'année 1927 fut consacrée, avec le concours du colonel Devé de l'Institut d'Optique, à l'étude et à la réalisation d'une machine de fabrication entièrement nouvelle. Les tous premiers "Hypergonar" de prises de vues étaient réalisés avec des moyens de fortune, au moyen de lentilles vendues dans le commerce par des lunetiers. Un écran bleu, très sélectif, évitait de trop graves perturbations chromatiques, mais les résultats obtenus étaient plus que prometteurs.
Les débuts
Fin 1926, les premières prises de vues avec l'Hypergonar étaient tournées, sous la direction de Bernard Deschamps, par Robert Petiot. Ces scènes et celles qui seront tournées par la suite, tant à Paris, qu'au Havre et à Versailles, constitueront l'essentiel du film présenté au Congrès de Turin en 1951.
Fin 1927, un jeune cinéaste, Claude Autant-Lara, dont le nom reviendra à maintes reprises dans la polémique sur l'Hypergonar, rencontre Chrétien qui est séduit par son projet et lui confie un tel objectif pour la réalisation de Construire un feu, tiré d'une nouvelle de Jack London. Les prises de vue commencées en 1927, en Alsace, s'achèvent l'été 1928 et c'est alors que l'aventure commence vraiment...
Dans l'intervalle en effet, une société destinée à l'exploitation des brevets Chrétien a vu le jour: la Société Technique d'Optique et de Photographie, société anonyme au capital de 900.000 (anciens) F, qui a pour principaux actionnaires Henri et Georges Chrétien, Bernard Deschamps et Henri Dain.
La S.T.O.P. (nom symbolique en vérité...) cherche sa voie, mais les associés du professeur sont pessimistes sur les débouchés de ce film un peu spécial dont le succès commercial n'est pas certain. Un échec pourrait lourdement peser sur des pourparlers en cours et rien n'est donc fait pour hâter la sortie du premier film anamorphosé.
Cependant Claude Autant-Lara est de plus en plus enthousiaste chaque jour. Il est conquis par ce procédé, mais le format panoramique ne lui suffit plus et il veut, par une combinaison d'images de formats différents, exprimer les sentiments de l'acteur, ses pensées et mieux guider l'action du film. D'une vue au rapport classique de 1:1,33 occupant soit le centre de l'écran panoramique, soit la droite, soit la gauche, il veut passer à deux vues juxtaposées ou même trois. Et cela non seulement horizontalement, mais aussi en hauteur, car son film sera constitué de vues prises directement avec l'Hypergonar et de vues normales anamorphosées au tirage.
Le tirage sera harassant et souvent interrompu au gré des pourparlers engagés aux Etats-Unis avec la Société Paramount, par exemple, qui a pris une option pour six mois. Il faudra attendre avril 1930 pour que la copie de Construire un feu soit achevée, tant bien que mal.
L'année 1929, entre-temps, a été fertile en incidents. Le parlant s'impose et apporte une première perturbation dans les dimensions de l'image pratiquement inchangées depuis le début du cinéma. En effet, le positif de 18 x 24 mm passe à 18 x 21 mm à cause de l'amputation rendue nécessaire pour loger la piste sonore. L'image n'a plus les proportions habituelles de 3 x 4 et le format disgracieux ainsi imposé doit d'ailleurs rapidement disparaître.
C'est alors que la S.T.O.P. et la Tobis envisagent un tirage optique des films en anamorphosant très légèrement l'image ainsi "resserrée" de 24 à 21 mm de largeur et rendue ainsi à son rapport d'origine. Cela entraîne, bien entendu, un anamorphoseur de même coefficient pour la projection. Devant l'ampleur d'une telle "réforme", l'affaire n'a pas de suite...
Cette année-là également Chrétien et Dain font un voyage aux Etats-Unis dans l'espoir d'intéresser les producteurs d'Hollywood. Devant l'insuccès de leurs démarches la S.T.O.P. conclut un important accord avec Pathé-Nathan, espérant que l'Hypergonar entrera enfin dans la période d'exploitation complète.
Pendant ce temps, Claude Autant-Lara, son film sous le bras, fait le tour des exploitants pour essayer de le programmer car, comble de malchance, le film a été tourné en muet et, à cette époque, les exploitants ne jurent déjà plus que par le parlant. Finalement un exploitant accepte de prêter sa salle un matin pour qu'aux environs du 20 mai 1930, puisse se dérouler la première projection d'un long métrage en Hypergonar. Un drap de lit est tendu sur une longue perche de bois péniblement hissée devant l'écran habituel. Deux personnes assistent à cette projection: Henri Chomette et René Clair; leur accueil est réservé.
Toutefois, le 5 décembre a lieu au Studio de Paris la première projection publique de Construire un feu.
La S.T.O.P. (sans que la physionomie de la société ne change) est passée, nous l'avons vu, sous le contrôle de Pathé-Nathan qui fait de louables efforts pour diffuser le procédé. Des séquences entières de La Femme et le rossignol d'André Hugon sont tournées en Hypergonar. Nathan demande également à Marc de Gastyne qui réalise La Merveilleuse vie de Jeanne d'Arc de lui tourner quelques scènes avec l'Hypergonar. Elles seront projetées au Cinéma des Champs-Elysées, mais l'essai n'aura pas de suite.
L'exposition coloniale est l'occasion d'un important tournage par le chef-opérateur M. Benoît, assisté de P. Levent, qui est projeté en 1931 mais, à la différence du film d'Autant-Lara dont toutes les images sont projetées avec un Hypergonar, le film L'Exposition coloniale comporte aussi bien des vues panoramiques et verticales avec Hypergonar que des vues au format normal, non anamorphosées. On passe des unes aux autres montées à la suite en amenant devant l'objectif primaire l'anamorphoseur désiré ou, pour les vues normales, une grille absorbant le surplus du flux lumineux pour rétablir l'équilibre d'intensité avec les vues anamorphosées.
Les mensualités versées par Pathé-Nathan, en exécution des accords de 1930, sont souvent discutées et Chrétien, qui veut avant tout conserver un laboratoire qui est sa raison de vivre, commence à construire des collimateurs pour l'aviation et c'est en 1935 seulement (contrairement à ce qui est généralement admis) qu'apparaît l'application des miroirs cylindriques aux périscopes de tanks.
La relance
Il faut attendre 1936 pour qu'un nouveau film soit tourné, à l'occasion de l'exposition internationale de 1937, par Jean Tedesco: Panorama au fil de l'eau a pour opérateurs Marcel Paulis et Georges Bonnerot. Il est projeté en plein air, en juillet 1937, sur la façade du Palais de la Lumière; l'écran mesure 10 x 60m, ce qui nécessite la combinaison de deux projecteurs pour couvrir sa surface. Deux ans plus tard c'est la guerre...
Un nouveau film en Hypergonar ne sera tourné qu'en 1948: c'est le Lancement d'un pétrolier aux chantiers de La Ciotat, qui est réalisé par Deschamps et le chef-opérateur Colas assisté de Bonnerot. Mais le cinéma français émerge lentement de l'occupation; l'on ne parle plus de l'Hypergonar... dont les brevets de 1926 sont d'ailleurs tombés dans le domaine public!
Le professeur Chrétien, âgé de plus de 70 ans, vit paisiblement dans sa villa de Nice. Mais il ne veut pas abdiquer totalement et, après vingt-six années de lutte, c'est un baroud d'honneur qu'il va tenter. A la suite de l'accord avec Pathé-Nathan, conclu fin 1929, la S.T.O.P. a vu son capital de 900.000F (anciens) passer à 1.500.000F divisé en 1.500 actions de 1.000F, dont Chrétien possède 400. C'est alors que le savant devient un homme d'affaires avisé.
Pour tirer parti d'une invention dont il veut montrer les possibilités il lui est indispensable de devenir le seul détenteur des 1.500 actions existantes et être en position de force pour tenter un dernier effort, son nom prestigieux permettant tous les espoirs.
Patiemment, il convainc donc les premiers actionnaires et, ayant obtenu leurs actions, se présente chez Pathé, persuade la société du peu de valeur de sa participation et obtient ainsi, au meilleur compte, les actions qu'elle détenait. Seul maître désormais de toutes les actions de la S.T.O.P., il signe en décembre 1952 avec la 20th Century-Fox un contrat autorisant la firme américaine à "utiliser les Hypergonar qu'il a en sa possession". En outre, la Fox charge le professeur de satisfaire en priorité ses demandes en Hypergonar dorénavant rebaptisés "Cinémascope".
Quelle était l'importance de ce contrat? Nous croyons qu'en dehors de chèques confortables, la Fox assurait au professeur une mensualité importante et, ce qui est plus intéressant encore, une très importante commande d'Hypergonar de projection. Quand on sait qu'à l'époque la paire d'Hypergonar de projection se vendait environ 2.900 F actuels, pour un coût de fabrication qui s'élevait au maximum à 1000 F, on voit que l'affaire n'était pas sans intérêt.
Ce trésor devient vite très convoité. La G.T.C., et surtout son directeur général, A. Colling, entendent bien le conserver et le mettent en lieu sûr.
Le 15 février, Bonnerot, détaché pour quelques jours au laboratoire de la Victorine à Nice, a une longue entrevue avec Chrétien. Une atmosphère de fête règne dans la maison du professeur où de nombreux amis félicitent le savant longtemps méconnu et dont l'invention bouleverse enfin le cinéma en lui donnant une dimension nouvelle. Ce jour-là, Chrétien charge Bonnerot d'insister auprès de la G.T.C. pour que les Hypergonar qu'elle détient lui soient rendus et de demander à M. Vidal de Pathé-Cinéma où se trouvent les deux Hypergonar de projection qui ont assuré la projection du film L'Exposition coloniale.
Enfin, il souhaite que des recherches soient entreprises pour retrouver le négatif de ce film. Peu après le retour à Paris, Bonnerot retrouve, dans le blockhaus Pathé de La Queue-en-Brie, divers documents concernant l'Hypergonar, dont les scènes de La Femme et le rossignol et le film L'Exposition coloniale.
Ce même jour, 23 février,Bonnerot fait part à M. Vidal, chef du service technique de Pathé, du désir de Chrétien de récupérer les Hypergonar en sa possession ou du moins ceux qui ont servi à L'Ermitage lors de la projection du film sur l'Exposition coloniale. M. Vidal ne peut lui cacher que la maison Pathé est en révolution, que la consternation règne dans tous les services et que l'on se repent amèrement d'avoir possédé une telle invention sans avoir su "ni l'utiliser, ni la garder" puisque non seulement la totalité des actions possédées par la société ont été remises, gracieusement, au professeur Chrétien, mais que la totalité du matériel existant avait également disparu. En effet, deux mois plus tôt, en mettant "un peu d'ordre" dans le matériel inutilisé, Hypergonar compris, tout fut vendu à la ferraille et rien ne put être récupéré!
Et c'est à cette époque qu'éclatent de toutes parts, dans la profession, les protestations les plus vives, émanant aussi bien de la Fédération nationale du Spectacle que de divers syndicats s'indignant de l'abandon d'un procédé essentiellement français au bénéfice de l'étranger. Un conflit naît et s'envenime par la distribution de tracts et de lettres ouvertes.
Le 26 février, Claude Autant-Lara publie un long article dans Les Lettres françaises intitulé "J'ai tourné le premier film avec le Cinémascope" et il prend dès lors une part active à la controverse.
Fin de l'aventure
En mars 1953, la Commission Supérieure Technique du Cinéma tient une séance à laquelle Chrétien n'assiste pas, mais est représenté par sa fille et sa secrétaire; Jean Vivié demande combien d'anamorphoseurs avaient été fabriqués: 10 pour la prise de vues et 10 pour la projection, lui répond-t-on.
Pendant ce temps la polémique se poursuit toujours dans la presse et atteint son paroxysme après la projection au Rex, le 18 juin 1953, d'un film réalisé par Fox, avec des optiques fournis par le professeur Chrétien. Il s'agit en particulier de quelques scènes de La Tunique qui ont été retournées en Cinémascope après une première version en format normal.
On peut lire dans une des circulaires de la Fédération nationale du Spectacle, datée du 1er juillet 1953, qu'elle "proteste à nouveau contre l'impéritie des pouvoirs publics d'une part, et d'autre part contre les négligences coupables de la Commission Supérieure Technique et du Centre National de la Cinématographie Française qui ont permis l'achat par une compagnie cinématographique américaine de tous les droits sur la fabrication et la vente, dans le monde entier, de l'Hypergonar du professeur Chrétien..." S'y trouve jointe la copie d'une lettre de Claude Autant-Lara à R. Rémaugé, P.D.G. de Pathé-Cinéma, où il demande à nouveau qu'on lui confie les Hypergonar que possède la société pour le tournage du Blé en herbe et où il s'étonne que Pathé-Cinéma ait pu "prêter" ce matériel tout récemment à la société londonienne Technicolor. Articles de journaux et lettres ouvertes s'entrecroisent; le 9 juillet, Ch. Chezeau, de la Fédération nationale du Spectacle - C.G.T. pose par une lettre ouverte deux questions à Chrétien: "Est-il vrai que la société Pathé-Cinéma a été jusqu'à ces derniers temps majoritaire dans la société S.T.O.P.? Est-il vrai que M. Rémaugé, P.D.G. de Pathé-Cinéma, et aussi président de la Confédération du Cinéma Français, vous a restitué, pour une somme dérisoire et cela récemment, la majorité des actions S.T.O.P. qu'elle détenait?"
Nous avons déjà répondu à la première question; on peut de surcroît se reporter au générique du film L'Exposition coloniale. Quant à la seconde, nous pouvons préciser qu'en effet Chrétien avait pu obtenir la totalité des actions de Pathé... sans bourse délier, mais en échange d'une collaboration technique précise, mais limitée dans le temps. Chezeau estime pour conclure "qu'il s'agit d'une faute lourde de conséquences pour notre cinéma national et que nous ne saurions accepter en aucune façon"... Il oublie simplement que vingt-cinq ans durant le professeur Chrétien a vainement tenté de convaincre tous les intéressés en leur montrant les avantages d'un procédé concret et comment lui reprocher d'avoir enfin su obtenir gain de cause auprès d'une puissante compagnie étrangère qui, tardivement sans doute, n'a fait qu'accepter ce qu'elle avait dédaigné en 1930.
C'est alors avec un certain malaise que l'on prend connaissance de divers articles de journaux parus à l'époque et que l'on est enclin à élever quelques doutes quant à la sincérité de ceux qui, ne pouvant ignorer la vérité, brouillaient ainsi volontairement les cartes...
Dans France-Soir (20 juillet), sous le titre La Guerre du Cinémascope, on lit, avec surprise, la déclaration de M. Bézard, directeur-général adjoint de Pathé Consortium-Cinéma: "... à la suite de la distribution du tract de M. Claude Autant-Lara, nous avons rencontré le producteur du film Le Blé en herbe, M. Deutchmeister, et lui avons donné verbalement réponse favorable (...) j'ai informé le 4 juillet M. Autant-Lara qu'il pourrait disposer des objectifs en notre possession, à condition d'obtenir l'accord du professeur Chrétien..." Mais Chrétien, dans le même article, ne réponds pas plus clairement: "... Si je ne veux pas prêter les Hypergonar à Claude Autant-Lara, c'est pour deux raisons bien simples: d'une part, je ne sais pas dans quel état technique ils sont actuellement et, d'autre part, je ne peux pas avoir de préférence pour un réalisateur plutôt que pour un autre..." Puis il précise: "Je réaliserai en septembre un film à caractère documentaire avec Marcel Ichac dont on connaît le succès dans les reportages d'exploration. C'est ma propre société qui réalisera ce film, une promenade à travers la France (...) à la suite d'une autorisation spéciale de la Fox, car je tenais depuis toujours à ce que le premier film soit un film français..." Cette conclusion confirme qu'il n'avait donc plus aucun droit sur l'Hypergonar de prise de vues.
Le Cinémascope est né et va conquérir le monde. De 1963 à 1970, son succès est partout immense; en Grande-Bretagne, les associations de cinéastes-amateurs adoptent même le Cinémascope en 16 et 8mm.
En fait, la Fox ne s'imposa pas réellement en France et son Cinémascope de prise de vues fut relativement peu utilisé. Au début, en 1953 et 1954, elle s'opposait même à son utilisation pour les tournages en noir et blanc, alors que la couleur était encore peu répandue en France. Par contre, c'est en projection que la diffusion de ses appareils, fabriqués par la S.T.O.P., connut et connaît encore un grand succès; trois autres firmes françaises s'étaient également lancées dans la fabrication des anamorphoseurs (Totalvision, Dyaliscope et Franscope). Pour des films importants (Le Jour le plus long, La Bonne soupe) la Fox faisait toujours appel au matériel de prise de vues fabriqué en France, non sans inclure dans les contrats soumis au constructeur cette clause assez curieuse: "accepte de ne pas faire figurer sa marque dans toute la publicité du film (générique, affiche, etc.) mais autorise la société productrice à faire mention, dans la publicité et au générique des copies qui seront exploitées aux Etats-Unis, de la marque d'un anamorphoseur dont la société Fox est propriétaire".