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La Bibliothèque de l'Image - Filmothèque au Palais de Tokyo, Paris

La Bibliothèque de l'Image - Filmothèque a été créée en décembre 1992 pour offrir une structure unique de consultation des fonds documentaires sur le cinéma ("non-film") répartis jusque là entre plusieurs institutions: la Cinémathèque française, avec ses riches collections constituées par Henri Langlois, la FEMIS, héritière et continuatrice de la bibliothèque de l'IDHEC, le Centre national de la Cinématographie, avec les collections réunies par le Service des Archives du Film et le Centre de documentation. Cela va de la correspondance échangée entre un réalisateur et un producteur à la revue de presse de sortie d'un film, en passant par les storyboards, les dessins de costumier et de décorateur, les scénarios dans leurs différents états, les documents de tournage, les photos, les affiches, les revues et les ouvrages, sans parler par exemple du fichier “ Matières ” enrichi par 40 ans d'alimentation du fichier des ouvrages et des revues de l'IDHEC.

La mémoire vive du cinéma

Aujourd'hui, l'équipe de la BIFI comprend 47 personnes qui se consacrent à l'inventaire et au catalogage de ces collections, 35.000 ouvrages, 3.000 titres de périodiques, 30.000 affiches, 10.000 dessins, 2 millions de photos, et 150 fonds d'archives. Ouvrages, périodiques et dossiers documentaires (essentiellement des revues de presse, qui seront numérisées et consultables sur écran) seront en libre accès réservé pour les chercheurs et les professionnels. Les affiches et les dessins seront totalement numérisés, ainsi qu'une partie des photographies.

A ces collections héritées des institutions antérieures et enrichies par la BiFi, s'ajouteront des films visionnables sur postes de consultation. Pour le grand public, il s'agira de films dont la BiFi aura acquis les droits non commerciaux non exclusifs, qui seront stockés sur vidéo et que le public ne manipulera pas: les films seront chargés automatiquement à partir d'un serveur central. Pour les chercheurs, il s'agira de films relevant du dépôt légal (loi de juin 1992) ou pour lesquels l'Etat a acquis les droits, ou enfin que la Cinémathèque française pourra offrir à la consultation de recherche: ces films seront consultables sur support film avec six tables de visionnement ou vidéo avec douze postes de consultation. A cela viendra également s'ajouter un ensemble documentaire constitué par des émissions de télévision et des reportages sur le cinéma et le travail des cinéastes.

La BiFi ouvrira ses portes fin 1996 au Palais de Tokyo, avec pour voisins la FEMIS et la Cinémathèque française.

Ecrits et images, en regard:

Les salles de lecture permettront d'accueillir cent vingt places pour le grand public et quatre-vingt places pour les chercheurs et les professionnels. Le catalogue des collections sera consultable sous forme informatique à partir de bornes d'interrogation réparties dans les espaces publics. L'ouverture à la consultation d'ensembles documentaires anciens et très riches à un public très élargi par rapport au passé a commandé le passage aux nouvelles technologies. Numérisation des affiches, des dessins et des revues de presse parce que ce sont des outils de travail qui sont à la fois très demandés et dont la manipulation n'est pas facile. Recherche informatique dans le catalogue pour permettre des interrogations transversales sur l'ensemble des collections, afin de retracer, si l'on travaille par exemple sur un film, toutes les étapes de sa création en passant par les différents types de documents qui peuvent en rendre compte: étapes du scénario, storyboard, documents de production et d'exploitation, réglementation en vigueur, fortune critique. Afin de retrouver des documents par date, par pays, par auteur, la recherche informatisée permet de croiser les paramètres et d'affiner la recherche sans perdre d'information. L'installation du système, organisé en architecture client-serveur, comportera une base de données et de nombreux postes d'interrogation et de consultation, avec la possibilité d'interroger des bases de données extérieures. Etant donné le volume extraordinaire des collections, de leur hétérogénéité en fonction des supports d'origine (coupure de presse, image fixe...), du nombre de notices et de la variété des publics (du simple curieux au professionnel), les difficultés ont été importantes au départ pour trouver les moyens adaptés et évolutifs. A titre d'exemple, l'information circulera sur des réseaux de 100 Mbit/seconde pour que les recherches puissent s'effectuer très vite, sans attente décourageante.

Le traitement documentaire des collections a demandé aussi une étude approfondie. Les principes d'indexation adoptés visent à créer des fiches d'indexation communes à tous les supports, pour permettre l'interrogation transversale sur l'ensemble des collections, tout en préservant la saisie d'informations spécifiques propres à telle ou telle collection (les informations pour une affiche originale ne sont pas toutes les mêmes que pour un ouvrage par exemple). Certes, en interrogeant sur un titre de film très connu, l'usager risque de se voir délivrer des centaines de références d'un coup, mais il aura la possibilité de trier les réponses en fonction des supports (s'il désire prioritairement consulter les ouvrages ou les dessins) et en fonction de paramètres progressifs (bornes de dates, niveaux de spécialisation...). Pour l'usager débutant, la BiFi proposera une sélection des documents les plus utiles lors d'une première approche en offrant les films les plus connus ou les ouvrages les plus importants. L'usager pourra ensuite approfondir et affiner sa recherche, sans se noyer dans une documentation trop vaste pour être maîtrisée au premier coup d'oeil.

Le principe de base est d'offrir à l'amateur de cinéma la possibilité de mettre toujours en regard les textes et les images, les commentaires et les oeuvres, les documents de travail et le produit réalisé, et de pouvoir se faire une image précise d'une période particulière, d'une école de pensée ou d'une tendance artistique en ouvrant une lecture comparée des documents. Cela s'étendra d'ailleurs aux films eux-mêmes puisque les postes de consultation vidéo comporteront deux écrans permettant d'afficher simultanément le film et, par exemple, la revue de presse portant sur ce film ou les dessins préparatoires.


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Un lieu de consultation, mais un lieu ouvert:

La BiFi, à son ouverture fin 1996 au Palais de Tokyo, sera un lieu unique de consultation par l'amplitude de ses collections, qui couvrent toute l'histoire du cinéma, et par ses moyens modernes de consultation. Mais si la France occupe une place prééminente dans le monde pour son inventivité critique et pour la qualité des analyses proposées, ce n'est pas pour autant qu'on peut encore croire que toute la documentation sur le cinéma est centralisable en un seul endroit. C'est pourquoi la BiFi aura un centre de documentation, répondant aux demandes extérieures sur la base des données BiFi mais aussi sur les bases de données des autres institutions. Des services télématiques, consultation d'Internet sont quelques unes des prestations que la BiFi offrira à son ouverture fin 1996.

Le temps n'est plus où l'on pouvait feindre de croire que tout était en un seul lieu et donc de penser que rien n'existe ailleurs. La BiFi sera une structure ouverte, interrogeable à distance, mais renseignant également sur les collections des autres archives ou cinémathèques. D'ailleurs, le travail qu'elle mène aujourd'hui en matière de catalogage et d'indexation (notamment sur l'image fixe pour le catalogage et sur les périodiques pour l'indexation) est conduit en concertation avec la Cinémathèque de Toulouse et l'Institut Lumière de Lyon qui sont très attentifs aux résultats de la réflexion et aux principes directeurs en matière d'équipement.

De plus, la BiFi aura le statut de pôle associé de la Bibliothèque nationale de France pour le cinéma, puisque ses collections sont les collections d'excellence dans le domaine et qu'elles viendront compléter la documentation généraliste de la B.N.F.

Enfin, à travers un conseil scientifique réunissant des chercheurs, des professionnels et des responsables d'institutions culturelles, la BiFi met en oeuvre dès 1995 des programmes de recherche sur les fonds d'archives inexplorés et participera ainsi aux nouveaux développements attendus en histoire du cinéma. Elle vient, par exemple, d'ouvrir un important fonds Léon Gaumont jusque là méconnu, et de reconstruire la carrière du photographe René Guychard, longtemps attaché à Pathé.

Marc Vernet, délégué général



La Biblioteca de la Imagen - Filmoteca (BIFI)
del Palacio de Tokio en París, fué creada en diciembre 1992 con el objeto de poveer el acceso a fines de estudio a documentos relacionados con el cine que se encuentran en varias instituciones: la Cinemateca Francesa, la FEMIS (en la biblioteca del IDHEC) y el CNC. Las colecciones comprenden correspondencia relacionada con producciones, crónicas de prensa, story-boards, diseños de decoraciones y guardarropas, guiones, documentación de producción, fotografías, afiches, periódicos y libros. El personal está compuesto de 47 personas dedicadas al recuento y catalogación de las colecciones y a su enrriquecimiento. La BIFI tiene previsto incorporar películas a sus colecciones y adquirir los derechos no comerciales que le permitan proveer acceso en video controlado por una central de operaciones. La BIFI aprovechará de las posibilidades que le ofrece la tecnología moderna, tales como el sistema Internet, para poder ofrecer a sus usuarios la información disponible en otras instituciones. La Cinemateca de Toulouse y el Instituto Lumière de Lion ya colaboran con la BIFI en el campo de la catalogación y del indexado. La BIFI abrirá sus puertas hacia fines del 96.

Bibliothèque de l'Image - Filmothèque,
(BiFi, was created in December 1992 to make available for study the film-related documents of several institutions: the Cinémathèque Française, FEMIS (based on the library of IDHEC), and the CNC. The collections include production correspondence, press reviews, story boards, set and costume designs, scenarios, production documents, photos, posters, periodicals and books. Today, the staff consists of 47 people working on inventorying and cataloging these collections, as well as adding to them. BiFi plans to add films for study, and will also acquire nonexclusive noncommercial rights for films to be made available for video viewing with access controlled by a central operator. The BiFi will take advantage of modern technology to become an open institution through such services as the Internet, and to extend their resources to include those of other institutions. The Cinémathèque de Toulouse and the Institut Lumière are cooperating with BiFi in the matter of cataloging and indexing materials. The BiFi will open at the end of 1996, at the Palais de Tokyo.