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La Vidéothèque de Paris

La Vidéothèque de Paris est née de l'imagination du poète Pierre-Emmanuel qui propose en 1980 au Maire de Paris, Jacques Chirac, la création d'un lieu voué à la mémoire audiovisuelle de la Ville.

Aussitôt, le projet se développera jusqu'à l'ouverture le 8 février 1988, au coeur de Paris, dans le nouveau Forum des Halles. Il est révolutionnaire, puisque au-delà d'une programmation cinématographique de 4 séances par jour, 6 jours par semaine, le public pourra consulter en permanence sur quarante écrans vidéo individuels, tous les films regroupés dans le fonds, en toute liberté; après une interrogation en langage naturel de la base documentaire, et une fois le choix de visionnage décidé, le film choisi apparaît en intégralité, cadre et cadence respectés, en moins d'une minute, et ceci sur le même écran.
Ce sont plus de 5000 titres qui sont concernés, à ce jour!
Derrière cette apparente facilité, un système documentaire, informatique et robotique unique au monde, d'une réelle complexité.

Tous les films de cinéma, ou de télévision, regroupés à la Vidéothèque de Paris ont pour thème Paris. Paris des rues ou décors de studio, Paris imaginé ou détourné, Paris mythique: de A bout de souffle, de Godard, aux Enfants du Paradis de Carné; Quasimodo de Dieterle à Alphaville encore de Godard, jusqu'à L'Aventure générale de Fleischer...

Ainsi tous les aspects culturel, sociologique, historique et géographique se conjuguent dans une synergie des regards pour conduire à travers Paris, à une réflexion sur la grande ville et les phénomènes urbains. Tout autant que "mémoire du passé", le fonds audiovisuel de la Vidéothèque de Paris, en constant accroissement (150 heures environ par an), permet d'appréhender le devenir de la cité, le vécu de ses habitants et les modes qui la parcourent.

Si la Vidéothèque de Paris produit elle-même des documentaires sur la mémoire des parisiens et sur la transformation quotidienne des lieux et monuments, elle participe largement à l'action de restauration et de sauvetage des films.

Plus de 250 heures d'actualités cinématographiques françaises et étrangères, tournées entre 1910 et 1970, ont ainsi été regroupées, certaines parties des fonds exploités étant rénovées à l'occasion. Les courts métrages des années vingt, des plus célèbres (Entracte ou Paris qui dort de Clair) aux oubliés (L'effet d'un rayon de soleil sur Paris de Gourguet, Etudes sur Paris de Sauvage) ont été recherchés, des copies réalisées et diffusées sur grand écran avec accompagnement musical systématique.
Naturellement les longs métrages pour étrangers sur Paris, documentaires ou fictions forment le coeur du fonds audiovisuel de la Vidéothèque de Paris.

Cet ensemble constitué au fil des ans de manière cohérente quant à sa thématique permet une triple programmation:

Après six ans de travail exclusif sur Paris, la Vidéothèque de Paris, parallèlement à son entrée à la FIAF, entame une ouverture sur les grandes capitales du Monde. Pour chacune des programmations, 20% des séances seront consacrés, dans le cadre strict du thème abordé, à des comparaisons entre Paris, New York, Tokyo, Calcutta, Berlin, Le Caire et bien d'autres mégalopoles.

Le jeune public (60% à moins de 30 ans) avec une forte proportion d'étudiants, lycéens ou scolaires, à qui des conditions particulières de fréquentation, travail sur les films, programmes, sont offertes, est nombreux et motivé, tant lors des 4 séances quotidiennes que devant les 40 postes de consultation individuels mis à sa disposition.
Ces enfants ou adolescents fréquentent soit la Vidéothèque de Paris en groupe, soit individuellement pour des travaux personnels dans le cadre du statut de "chercheur associé" conditionné par un contrat entre la Vidéothèque de Paris, l'Université à laquelle ils appartiennent et eux-mêmes.
Chaque année plus de 200.000 spectateurs ou consultants nous rejoignent, avec un accroissement régulier qui nous a contraint à créer en octobre 1993 des nocturnes le mardi.

Le cinéma aura 100 ans l'année prochaine: le regard que nous portons sur la Ville a été transformé par lui. Prémonitoire en 1980, l'idée de Pierre-Emmanuel s'est banalisée aujourd'hui; et l'accès aux films qui était souvent impossible est en train d'entrer dans les moeurs: après les bibliothèques et les discothèques, les filmothèques personnelles se développent.

Reste ce merveilleux outil de comparaison des films entre eux, de réflexion sur les rapports entre le cinéma, l'audiovisuel et la Ville. Reste le plaisir profond du contact sur grand écran avec les images et les sons qui nous révèlent le passé et annoncent l'avenir.

Jeanmarie Thomas



The Paris Videotheque

Jeanmarie Thomas describes the Paris Videotheque, a unique institution established in 1988 in the new Forum des Halles, which in addition to large screen film projection four times a day, six days a week, has forty individual video screens where the public may consult freely all the films held by the Videotheque. There are more than 5,000 titles, theatrical or television films, all having Paris for a theme. The idea for a place that would be the audiovisual memory of the city was proposed by the poet Pierre-Emmanuel to the Mayor Jacques Chirac in 1980. The Videotheque also concerns itself with the preservation of its materials and the education's use of the collection as well as the production of films using the holdings.