Madeleine Malthête-Méliès
L'association "Les Amis de Georges Méliès", régie en France par la loi du 1° juillet 1901, a été créée le 30 mai 1961 et déclarée au Journal Officiel de la République Française le 16 juin 1961. Son but est de retrouver, restaurer, conserver, et montrer les films de Georges Méliès, et de rechercher tous les documents (dessins, photos, écrits, objets, témoignages, etc.) concernant l'oeuvre de Georges Méliès.
Bien entendu, toutes ces recherches avaient déjà été commencées par Madeleine Malthête-Méliès et son mari, le docteur René Malthête, à partir de 1946. En effet, Madeleine avait été, pendant trois ans, la secrétaire d'Henri Langlois à la Cinémathèque Française, 7 avenue de Messine à Paris, de 1943 à 1945. Elle avait été avant la guerre en contact avec les fondateurs des premières cinémathèques dans le monde, grâce à Georges Méliès jusqu'en 1938, puis ensuite par sa grand-mère, Madame Méliès, jusqu'en 1956. Elle rencontrera ces personnes, et bien d'autres, intéressées par l'oeuvre de Méliès dont on avait perdu la trace. Heureusement, beaucoup de films dormaient dans des dépôts et, grâce à l'efficacité des liens tissés entre la famille Méliès et les dirigeants d'archives du monde entier, en 1960 on en avait déjà retrouvé une centaine, rachetés à des forains par le docteur Malthête, ou offerts à Madeleine par des collectionneurs, ou faisant l'objet d'échanges avec les archives mondiales.
En 1957 le Congrès de la FIAF eut lieu en France et la famille Méliès y assista, en tant qu'ayants droit de Méliès, et sous la tutelle d'Henri Langlois et de la Cinémathèque Française.
En 1961, il s'est agi de célébrer le centenaire de la naissance de Georges Méliès. La collection de films, de documents et d'objets retrouvés et rachetés par la famille Malthête-Méliès était fort importante. Elle fut donc fortement mise à contribution pour organiser, prêter et présenter trois grandes expositions, en mars, au Musée du Cinéma de Turin (Italie), en juin à Paris (Musée du Louvre, pavillon de Marsan) et en juillet à Locarno (Suisse). Il apparut alors qu'une association indépendante devait être fondée pour gérer exclusivement le fonds Méliès, sous la surveillance des ayants droit. Le président en fut (et est toujours) le cousin du docteur Malthête, Mr Jacques Peyrou, la vice-présidente Madeleine Malthête-Méliès, le secrétaire général le docteur Malthête, la trésorière Simone Clermont (petite-fille d'Henri Méliès, frère aîné de Georges Méliès).
Au départ, pour faire partie de l'association, on avait demandé aux membres d'avoir connu Méliès, d'avoir travaillé pour lui ou d'avoir eu des parents ayant connu Méliès. Il y avait 68 personnes, et c'est pour cela que l'association a pris le nom des "Amis de Georges Méliès". Malheureusement, depuis 1961, presque tout le monde est mort: c'est pourquoi, en 1988, on décida d'ajouter le nom de Cinémathèque Méliès dans notre titre.
A présent, l'association compte beaucoup d'étudiants en cinéma, de magiciens, d'historiens de cinéma, de cinémathèques du monde entier parmi ses 207 membres. Grâce aux voyages de Madeleine Malthête-Méliès qui a toujours présenté les films de son grand-père dans le monde entier, beaucoup d'étrangers ont adhéré à la Cinémathèque Méliès.
Henri Langlois prit ombrage, à l'époque, de la création de cette association. Il était en conflit ouvert avec la FIAF qu'il avait toujours dominée, et dont il s'était séparé après le congrès de Stockholm en 1959. Or, toujours à l'occasion de la célébration du centenaire de la naissance de Georges Méliès, le président de la FIAF, Jerzy Toeplitz, demanda officiellement la participation des Amis de Georges Méliès au Congrès de Budapest (Hongrie) en octobre 1961. Langlois "interdit" aux Amis de Méliès d'y aller. Le Bureau de l'association décida de se rendre à l'invitation de la FIAF, ce qui fut l'occasion d'une rupture orageuse entre Langlois et les Méliès.
La superbe exposition organisée à Budapest fut un triomphe pour Georges Méliès et pour la France. Le Ministère français des Affaires Etrangères demanda à l'association de monter une exposition photographique tirée en dix exemplaires, et qui voyagea dans le monde entier pendant dix ans.
En 1964 le Congrès de la FIAF eut lieu à Moscou et notre association fut la seule représentante de la France, à titre d'observateur. De même à Berlin-Est. Raymond Borde y assistait également pour la Cinémathèque de Toulouse qui était "membre provisoire". Le président Toeplitz invita de nouveau notre association au congrès de New York en 1969, puis au congrès de 1970 à l'Institut Lumière de Lyon.
Tout en gardant des liens étroits et suivis avec toutes les cinémathèques amies, nous fûmes absents des congrès suivants, la grave et longue maladie de notre secrétaire général, René Malthête, empêchant tout déplacement. Il décéda en 1978 et, à partir du congrès de Lausanne en 1979, notre association fut de nouveau représentée aux congrès de la FIAF: 1980 Karlovy-Vary (Tchécoslovaquie), 1981 Rapallo (Italie), 1982 Mexico (Mexique) avec une superbe exposition montée par notre association et projection de nos films, 1983 Stockholm (Suède), 1984 Vienne (Autriche), 1985 New York (Etats-Unis), 1988 Paris (où notre association a donné une réception sur une péniche pour les membres de la FIAF), 1989 Lisbonne (Portugal).
Sur le demi-millier de films édités par la "Manufacture de films pour cinématographes de Geo Méliès", la Star film, il n'en subsistait que 8 en France en 1945. Pour faire redécouvrir Méliès il fallait donc partir à la recherche de ses films perdus.
C'est donc une archive privée, spécialisée dans les travaux d'un seul auteur, qui a entrepris une action de longue haleine et qui remplit exactement les conditions exigées d'une véritable archive: retrouver, restaurer, conserver, montrer. Cette action n'aurait cependant pas été possible si elle n'avait pas bénéficié de l'autorisation des ayants droit de Georges Méliès (Madeleine Malthête-Méliès, d'une part et, d'autre part, André Méliès, décédé en 1985 en laissant quatre petits-enfants comme ayants droit). Tous les visas d'exploitation et de distribution des films de Georges Méliès ont été pris au nom de la société en participation André Méliès, Madeleine Malthête-Méliès - Georges Méliès ayant été le producteur et le distributeur de ses propres films. Les droits d'auteur, quant à eux, d'après les conventions de Berne et de Rome, durent jusqu'au 30 septembre 2003.
Il est cependant certain qu'une collaboration étroite doit avoir lieu, et a d'ailleurs toujours eu lieu, car elle est essentielle, non seulement en ce qui concerne Georges Méliès, mais pour l'étude de l'ensemble du cinéma des origines. Cette collaboration d'une petite archive privée et spécialisée doit être un modèle pour tous ceux qui entreprennent des recherches sur l'histoire du cinéma.
Notre association, sous la direction de Madeleine Malthête-Méliès, de Jacques Malthête et d'Anne-Marie Quévrain, a rédigé l'analyse catalographique des 140 films recensés en France, publiée en 1981 par les Archives du film du Centre National de la Cinématographie. Nous avons organisé en 1981 un colloque sur "Méliès et la naissance du spectacle cinématographique" à Cerisy-la-Salle (Manche), dont les actes furent publiés en 1984 chez Klincksieck.
Depuis 1982 nous publions un bulletin semestriel. En 1986, nous éditons 158 scénarios de films disparus de Georges Méliès, colligés, et traduits en français pour la plupart, par Jacques Malthête.
Depuis quelques années, notre archive s'est ouverte à Gaston Méliès, le frère de Georges.
Nous avons publié en 1988 Le voyage autour du monde de la G. Méliès Manufacturing Company (juillet 1912 - mai 1913)
Le but de notre archive est de rassembler, conserver et diffuser l'oeuvre de Méliès et, en premier lieu ses films, dans les conditions de l'époque, avec bonimenteur et pianiste dans la salle. Nous recherchons également les dessins, écrits, projets de décors, costumes, photographies, témoignages des contemporains de Méliès ou de leurs descendants. C'est ainsi que la Cinémathèque Méliès, dont les ressources sont constituées par les cotisations de ses membres et par le produit des conférences, expositions et projections, recherche, rénove, conserve, échange et montre tous les documents et films qu'elle possède. A l'approche de la commémoration du centenaire de la naissance du cinématographe Lumière on ne peut que conseiller aux cinémathèques qui désireraient rendre un hommage à Georges Méliès de s'adresser directement à notre association, qui possède 170 films et, par l'autorisation des ayants droit, la faculté de les projeter en public.
Cinémathèque Méliès
11, rue de Belzunce, 75010 Paris
The association "Les Amis de Georges Méliès" was created in 1961, at the time of the centenary of the birth of Georges Méliès, with the purpose of creating an archive for his films and related documents. The work was actually begun in 1946 by Madeleine Malthête-Méliès and her husband, Dr René Malthête. Madeleine had been secretary to Henri Langlois, and at first the work of searching for films and documents was carried on under the wing of the Cinémathèque Française, which helped the family to make contacts with FIAF archives. At the time of the centenary, however, the family became involved with various Méliès exhibitions, and decided to form an independent association to handle the property, under the care of the rights holders. Originally, there were 68 members of the association, consisting of family members and people who had worked for Méliès. Because nearly all of these members were deceased by 1988, it was decided to change the name to the Cinémathèque Méliès. Now the 207 members include many students of cinema, magicians, historians of cinema, and film archives in many countries.
In 1961, Henri Langlois was offended by the creation of this association. He was at the time in conflict with FIAF from which he had resigned after the Stockholm congress in 1959. On the occasion of the centenary of Georges Méliès, FIAF officially asked Les Amis de Georges Méliès to participate in the Budapest congress of October 1961. Langlois tried to prevent the association from accepting their invitation, and when he failed, it led to a rupture between Langlois and the Méliès. The exhibition in Budapest was a triumph and led to the distribution of a photographic exhibition toured by the French Ministry for Foreign Affairs internationally for 10 years. The association attended many other FIAF Congresses, only missing some years in the seventies when René Malthête, Secretary General, suffered a long illness resulting in his death in 1978. At the Congress in Mexico in 1982, there was an important Méliès exhibition organized by the association. Under the direction of Madeleine Malthête-Méliès, Jacques Malthête and Anne-Marie Quévrain, the association compiled an analytic catalog of 140 films surviving in France, published in 1981 by the Archives du Film of the CNC. In that year the association organized a colloquium on "Méliès and the birth of the cinematographique spectacle" at Cerisy-la-Salle, the proceedings published by Klincksieck in 1984. Since 1982, a bulletin has been published, and in 1986, Jacques Malthête's 158 scénarios de films disparus de Georges Méliès. For some years, the Méliès archive has included the work of Gaston Méliès, Georges' brother, and in 1988 Le voyage autour du monde de la G. Méliès Manufacturing Company (juillet 1912-mai 1913) was also published.
The Cinémathèque Méliès makes the claim that all archives must have the formal agreement of the association for any projection of Méliès films outside their own premises, or for any reproduction of Méliès photographs or documents. The droits d'auteur will last until 30 September 2003. However, there is a close collaboration with the archives. The goal of the Méliès archive is to assemble, conserve and distribute the work of Méliès, primarily his films, shown in the conditions of their time, with commentator and pianist. The archive collects drawings, writings, set designs, costumes, photographs, and the memories of the contemporaries of Méliès and their descendents. During the centenary of cinema, those interested in paying homage to Georges Méliès are advised to address themselves to the association, which possesses 170 films, and by authorisation of the rights holders, the ability to arrange public showings.